Le raffinage de betteraves sucrières nécessite de l’énergie. Beaucoup d’énergie : plusieurs mégawatts par heure. C’est pourquoi la Raffinerie Tirlemontoise mise fortement sur l’efficacité. Grâce à une toute nouvelle chaufferie à commande centralisée, elle a augmenté son efficacité énergétique de 85 à 98 % d’un seul coup.
Fabriquer du sucre consiste à faire évaporer de l’eau
Laver les betteraves sucrières, les éplucher, les couper en morceaux, puis les soumettre à un processus d'extraction à l'eau chaude afin que les sucres se dissolvent dans le jus de sucre, avant de concentrer et de cristalliser ce jus. Voilà comment la Raffinerie Tirlemontoise produit du sucre depuis 190 ans. Les principes sont restés les mêmes, à une échelle toujours plus grande. Et la technique ne cesse de s’améliorer.
« Une sucrerie est une usine à eau », explique Benny Holemans, responsable du projet Energy & Sustainability. « Les betteraves sucrières contiennent 14 à 18 % de sucre en fonction de la saison. Le reste est constitué de matière sèche, mais surtout d’eau. Et nous devons faire évaporer cette eau. Cela nécessite beaucoup d’énergie. »

La raffinerie de sucre de Tirlemont met tout en œuvre pour utiliser cette énergie de la manière la plus efficace possible. En 2023, l'entreprise a construit une nouvelle tour de diffusion plus efficace et moins gourmande en énergie que les anciens systèmes d'extraction. Dans les évaporateurs et les cuves de cuisson, le jus est concentré à l'aide de vapeur.
L'ensemble de l'installation d'évaporation est conçu de manière équilibrée et tous les flux de condensats et les excédents de chaleur sont exploités au maximum. Une pompe à chaleur industrielle récupère l'énergie d'une partie de la vapeur à basse température qui n'était pas réutilisée.

De producteur d’énergie à une batterie pour le réseau
Malgré tous ces efforts, l’énergie reste un défi. « Nous devons passer au vert. Pour notre planète, mais aussi pour maîtriser nos coûts. Actuellement, nous produisons 14 à 15 mégawatts, principalement au gaz. Nous en consommons nous-mêmes environ 13 mégawatts, et injectons le reste dans le réseau. Cela devient plus cher. Ne rien faire nous coûterait des dizaines de millions d’euros au cours des 15 prochaines années. »
« Nous produisons également notre propre biométhane à partir des déchets de betteraves, mais cela est loin de couvrir notre demande en énergie. Nous devons donc passer à l’électrification. Mais un problème se pose : nous produisons du sucre de septembre à mars, au rythme de la récolte des betteraves. Il s’agit précisément des mois plus sombres, pendant lesquels il y a peu d’énergie solaire disponible. Nous devions donc faire un autre bond en avant en termes d’efficacité. »
Défi supplémentaire : un mix de sources d’énergie. « Actuellement, nous produisons notre propre électricité ». Avec l’électrification, nous devenons un consommateur d’énergie. Nous voulons consommer le moins cher possible, la solution devait donc être flexible. Pendant nos mois de production, il y a parfois trop peu d’électricité, mais parfois aussi trop, par exemple quand il y a trop de vent. Nous sommes alors payés pour utiliser cette énergie. De cette manière, nous devenons même une batterie pour le réseau. »

Chaufferie à la pointe de la technologie, au gaz, à l’électricité et à l’hydrogène
Quatre chaufferies étaient disséminées sur le site, dont l’une fonctionnait encore au charbon jusqu’il y a peu. Callens, Callensvyncke et Siemens ont construit une seule chaufferie centrale en huit mois. « Nous avons travaillé avec un petit groupe de projet composé de spécialistes, et cela a porté ses fruits. »
« Nous sommes dans le milieu depuis 1995 », explique Stein Monserez, Vertical Manager Food & Beverage chez Siemens. « Nous nous connaissons parfaitement, les lignes de communication sont donc très courtes.

À propos de la Raffinerie Tirlemontoise
La Raffinerie Tirlemontoise produit du sucre depuis 1836. L’entreprise est leader sur le marché en Belgique, avec environ 600 collaborateurs répartis sur 6 sites en Belgique et aux Pays-Bas. L’usine de Tirlemont s’étend sur 17 hectares.

